Sécurité routière : se moque-t-on de nous ?

il y a 2 mois | Nicolas Morlet

La semaine dernière, Valérie de Bue, Ministre wallonne, présentait ses Etats Généraux de la Sécurité Routière, et dressait les cinq futurs piliers pour des routes plus sûres....

... Pas moins de six groupes de travail se sont penchés sur la question, et une grande consultation populaire avait été organisée.

 

Au travers de celle-ci, 10.000 citoyens ont exprimé leur (in)satisfaction par rapport à l’état actuel des choses, et se sont prononcés sur leurs attentes et les pistes à explorer pour les améliorer. Les résultats qui en sont sortis sont pour le moins éloquents.

 

Avec un niveau de satisfaction de 4 sur 10 seulement, l’état de l’infrastructure routière est le point qui soulève le plus de critiques, loin devant l’usage de médicaments au volant (ou plutôt la lutte contre) qui obtient 4,9 sur 10.

Ce constat se retrouve en toute logique dans les suggestions formulées à l’attention des ministres : plus d’une mesure proposée sur quatre concerne l’infrastructure (26%). Et la mesure plébiscitée parmi toutes celles proposées est « Entretenir et sécuriser les routes ». Le message est donc on ne peut plus clair, non ?

 

Hors, dans les cinq mesures décidées par l’Administration, que retrouve-t-on ? De la répression pour les trois premiers points (Renforcement des contrôles, amélioration du traitement des amendes, application des sanctions), et de la formation pour le cinquième point (Renforcement de l’éducation et de la formation). Seul le quatrième point laissait un peu d’espoir : Sécuriser les usagers faibles.

 

Mais on déchante vite en découvrant ce qu’il contient vraiment. Certes il est question d’un réaménagement des infrastructures. Mais on y trouve surtout l’instauration d’un contrôle technique pour motos, une réduction généralisée de la vitesse et une multiplication des zones 20 et 30… alors même que cette mesure est celle qui affiche le second taux d’adhésion le plus faible de l’ensemble des propositions, à peine un tiers des répondants !

 

A la lecture de ce rapport et des points présentés, on a donc l’impression que cette consultation citoyenne n’était finalement qu’une mise en scène visant à apporter un semblant de caution populaires aux mesures décidées par les autres groupes de travail, en y puisant ce que l’on voulait en retirer.

 

Bien sûr, les autres mesures faisaient également partie des attentes citoyennes. Mais une fois encore, on préfère s’attaquer au bouc-émissaire qu’est la vitesse plutôt que d’affronter (au moins en partie) ce qui semble être le fond du problème. Question d’argent dites-vous ?

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