L’essai dynamique de Benoît Galand – Mercedes C43 AMG

il y a 1 sem.

Pilote de bon niveau, tant en rallye qu’en circuit, Benoît traîne sa grande carcasse dans le milieu automobile depuis plus de 40 ans… Son métier de journaliste lui a permis de tester des milliers de voitures différentes. Aujourd’hui, il reprend le volant de modèles un peu « fin de race » qui offrent encore, sur le papier du moins, un réel plaisir de conduire grâce à leur comportement sportif.

Au placard les aides à la conduite, et les systèmes d’info-divertissements, place au comportement routier et au feeling ressenti au volant. Et pour certains modèles, la piste du Centre de Maîtrise du Volant près de Visé, sera un beau terrain d’exploration.

Une fois pour toutes, tempérament sportif ne rime pas avec puissance : 400 ch dans une voiture de 2.500 kg, c’est moins fun que 200 ch dans une voiture de 1.300 kg, excepté pour les adeptes de burn-out au feu rouge… dont je ne fais pas partie. C’est pour cela que vous ne verrez pas beaucoup de voitures électriques dans cette rubrique. Certaines affichent en effet des puissances impressionnantes… mais avec quel rapport poids/puissance ? Alors, oui, cela accélère fort, mais dès le premier virage serré, le poids se fait sentir avec, disons-le, une certaine insistance….

Par contre, le plaisir de conduire peut aussi se déguster sur un rythme de balade. Il faut alors allier du tempérament bien sûr, mais aussi du confort et peut être l’un ou l’autre détail qui fera la différence.

Un 4-cylindres qui décoiffe…

Place aujourd’hui à la dernière-née de la Classe C de Mercedes, la C43 AMG, qui reprend le 4 cylindres 2.0 l turbocompressé apparu il y a peu sous le capot de la SL 43 AMG. Il est très proche de celui de la A45 AMG, si ce n’est l’électrification de son turbo, grâce à un minuscule moteur 48V qui permet de réduire à néant le temps de réponse du turbo… Une technique qui découle de l’expérience de Mercedes en F1 où ce procédé est utilisé depuis de nombreuses années. Pour ceux que cela intéresse, voici en résumé comment ça fonctionne : un moteur électrique d'environ 4 cm d'épaisseur est intégré directement sur l'arbre du turbocompresseur, entre la roue de la turbine du côté des gaz d'échappement et la roue du compresseur du côté de l'air frais. Commandé électroniquement, ce moteur accélère la roue du compresseur, avant que le flux des gaz d'échappement ne prenne le relais de manière conventionnelle. La réponse est ainsi nettement améliorée dès les plus bas régimes et ce dispositif permet également de garder la pression de suralimentation même pendant les périodes de freinage.

Résultat sur cette C43 AMG : 408 ch – soit plus de 200 ch au litre quand même ! – et 500 Nm. Bref, du lourd ! Bien sûr, les puristes regretteront sans doute les plus nobles V6 et V8 de chez AMG, mais le « downsizing » est passé par là. Si ce n’est le bruit, évidemment moins envoûtant, le quatre-pattes 2 litres de série le plus puissant au monde (421 ch dans la A45 AMG) a du répondant, avec sa puissance et ses 500 Nm de couple maxi à 5.000 tr/m. Et quid du chiffre qui décide de beaucoup de choses, le rapport poids/puissance ? Avec 1.735 kg sur la balance, la C43 AMG n’est pas un poids plume, mais les 2,45 kg/ch qu’elle affiche ne laissent planer aucun doute sur les prétentions dynamiques de la voiture ! Les 4,7 secondes annoncées pour atteindre les 100 km/h sont bel et bien réelles !

La Mercedes C43 AMG est une 4 roues motrices mais avec une répartition 31% avant et 69% arrière : pas mal ! La boîte automatique à 9 rapports s’allie avec un embrayage humide qui remplace avantageusement le convertisseur de couple.

Intuitivité et électronique : peut mieux faire

Dans l’habitacle, le volant AMG à quatre branches et commandes tactiles est doté de deux molettes de réglage rotatives, permettant de sélectionner le mode de conduite désiré pour celle de droite, de paramétrer, entre autres, suspensions et échappement pour l’autre. On retrouve aussi le cockpit digital propre à la 5e génération de Classe C. Personnellement, j’apprécie très moyennement ce côté esthétique très « bling-bling » et le fait qu’il faut constamment réfléchir pour actionner une commande. Il n’y a rien d’intuitif là-dedans. Un simple exemple : la tige de commande de la boîte auto est exactement identique à celle qui commande les phares, les clignoteurs et les essuie-glaces : une à gauche, une à droite. Déroutant au début…

Toujours au chapitre de « ce qui fâche » : l’électronique, omniprésente et invasive, surtout pour les aides à la conduite : passage automatique des feux de croisement aux gros phares très mal calibré, freinage anticollision qui – comme souvent – n’intervient pas du tout à propos et crée des situations dangereuses, maintien de voie qui se réactive automatiquement à chaque démarrage, etc. La liste est longue et énervante pour un conducteur concentré sur son sujet, qui veut profiter de sa voiture en adulte responsable… et consentant.

En mode « rodéo »

Venons-en aux points positifs, et ils sont nombreux : une position de conduite excellente (réglable à souhait, avec un bon maintien des sièges), un moteur dont la « pêche » vous met immédiatement la banane, une boîte plutôt convaincante en « auto » et plus encore si vous utilisez les palettes, un freinage largement à la hauteur de la situation et un comportement d’une redoutable efficacité. Il vaut mieux, car cette Mercedes vous propulse très rapidement à des vitesses inhabituelles. Avec ses 4,80 de long et son grand coffre, la Mercedes Classe C peut être considérée comme une bonne « familiale »… Mais son caractère envoûtant vous fera vite quitter la conduite en « bon père tranquille » pour une petite séance de rodéo. Cap sur la piste du CMV pour voir ce que vaut cette berline sur-vitaminée en « glisse ».

Position Sport, boîte sélectionnée en mode manuelle, aides à la conduite coupées… C’est parti. La répartition de la puissance et les 4 roues directrices donnent à cette C43 AMG un comportement très typé « propulsion ». Mais, en phase de réaccélération, les 40% qui « tirent » la voiture se sentent et le « contrebraquage » est moins réactif et déterminant que sur une pure propulsion. Bref, une fois que le mode d’emploi est assimilé, la C43 AMG se révèle à la fois efficace et très plaisante.

Un mot sur les freins : les étriers 4 pistons pincent des disques de 376 mm à l’avant. Pas mal !

Conclusion

Eh bien voilà une berline 4 roues motrices qui possède un vrai comportement de « sportive », amusant et rassurant à la fois. En conduite normale, la boîte auto 9 ne se distingue pas par une gestion idéale, mais le couple est suffisant pour passer outre de ce petit désagrément. Et franchement, entre le mode Eco, Sport et Sport+, vous avez affaire à trois profils bien différents, même si le Sport + est à réserver aux Track Days… Il vous faudra quand même débourser plus de 70.000 € pour pouvoir la mettre dans votre garage !

Points positifs :

  • Moteur très performant
  • Répartition de la puissance

Points négatifs :

  • Beaucoup trop d’interventions de l’électronique
  • Cockpit d’avion trop chargé
Mots-clés: Essais auto Mercedes
L’essai dynamique de Benoît Galand – Mercedes C43 AMG
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