Essais Car of The Year : Toyota bZ4X et Subaru Solterra

il y a 2 sem. | Laurent Zilli

Toyo-baru ou Suba-yota ?

Toyota bZ4X : un SUV à l’âme verte

Après l’hybride et l’hydrogène, Toyota vient de donner naissance à son premier modèle électrique à batteries. Un SUV paré pour les aventures loin du bitume, comme nous avons pu nous en rendre compte.

Toyota n’a jamais caché son peu d’entrain à inves­tir dans la voiture électrique. Poussé par la pression des normes, le géant japo­nais y met aujourd’hui les grands moyens. À la manière des lettres « GR » qui signifient « Gazoo Racing » appli­quées à ses modèles sportifs, Toyota a déve­loppé l’appellation « BZ » pour ses électriques. Elle signifie « Beyond Zero », ou « Au-delà de zéro » en français, ce qui exprime la volonté du constructeur d’atteindre la neutralité carbone dans l’en­semble de ses activités à moyen terme. Quant au chiffre 4, il hiérarchise la future gamme, car le bZ4X donne en effet le coup d’envoi de toute une gamme de modèles 100% électriques qui arriveront rapidement sur le marché. Quant au X, il nous informe qu’il s’agit ici d’un SUV.

Car évidemment, pour mettre toutes les chances de succès de son côté, c’est avec une carrosserie surélevée que Toyota se lance dans le monde de l’électrique.

Intéressant

Le bZ4X est un beau bébé de 4,69 mètres de long – soit plus qu’un Rav4. L’espace est par ailleurs généreux à toutes les places (avec un excellent maintien des sièges avant), et les 452 litres du coffre démontrent que cette auto est prête à remplir son rôle de premier véhicule du ménage. Il n’empêche qu’on pouvait attendre un coffre plus généreux de la part d’un SUV électrique « natif ». Il repose en effet sur la plateforme modulaire e-TNGA, spécialement dédiée aux véhicules à batterie, cette dernière étant disposée à plat entre les essieux, sous les occupants. Donc, on se demande un peu ce qui empêche d’offrir un volume plus important…

Bon point en revanche pour le look du poste de conduite. Alors que les intérieurs Toyota privilégient d’ordinaire la fonction­nalité en oubliant la recherche esthétique, celui du bZ4X est plutôt intéressant. Entre le large écran tactile central en position semi flottante, le panneau de contrôle de climatisation mêlant vrais boutons et surfaces tactiles (pour une ergonomie irré­prochable en roulant), le sélecteur rota­tif de la commande de boîte, et surtout la disposition originale du combiné d’ins­truments digital, il y a dans cette Toyota une ambiance un peu futuriste qui nous a plu. Une remarque tout de même pour ce combiné. C’est pour se passer d’un affi­chage tête haute que Toyota a fait le choix de lui donner une position surélevée. Souci : en fonction de la position de conduite de chacun, le volant pourra masquer une partie de l’écran, rendant certaines infor­mations moins facilement lisibles.

Dynamique sur route…

Le Toyota bZ4X reçoit une batterie d’une capacité de 71,4 kWh. De quoi procurer 516 km ou 470 km d’autonomie, selon que l’on aura opté pour la version à moteur unique de 204 chevaux, ou pour la version à deux moteurs qui offrent au modèle 218 chevaux et, au passage, une transmission intégrale, comme c’était le cas sur notre exemplaire d’essai. La première chose qui nous a séduits lors de cette décou­verte, c’est le dynamisme du bZ4X, et ses prestations routières. Alors que les SUV Toyota sont habituellement plutôt enclins à une conduite coulée, celui-ci tire pleine­ment parti des réactions immédiates de ses coeurs électriques pour se montrer performant, avec notamment seulement 6,9 secondes pour passer de 0 à 100 km/h. Sa direction ferme et directe offre une conduite vraiment engageante, et le tarage ferme des suspensions, indispensable pour compenser l’apport en poids non négli­geable de la batterie, rend la voiture peu sujette au roulis en courbe. On prend donc un plaisir inattendu sur les tracés les plus sinueux.

…et compétente en-dehors

Pour cet essai, Toyota a également tenu à nous prouver l’héritage de son savoir-faire en matière de tout-terrain. Bien qu’il ne soit probablement pas amené à s’aventu­rer loin du bitume par ses propriétaires, le bZ4X s’y montre étonnamment à l’aise. Il est notamment doté de plusieurs systèmes électroniques pour en faciliter l’usage sur les chemins escarpés, comme par exemple un dispositif de maintien de la vitesse en montée ou en descente, avec une motricité exemplaire à la clé.

Conclusion

Essai transformé pour Toyota : son bZ4X se montre prometteur et polyvalent. De bons arguments, qui ne seront sans doute pas de trop pour justifier son tarif ambitieux : 59.820 € de base.

Les +

  • Comportement dynamique
  • Direction ferme et précise
  • Intérieur spacieux et qualitatif
  • Ergonomie soignée

Les –

  • Instrumentation numérique qui ne conviendra pas à tout le monde
  • Prix élevés
  • Consommation à confirmer
  • Fermeté des suspensions

Le bZ4X AWD en quelques chiffres

  • Moteurs : 2 électriques ; 218ch ; 336Nm.
  • Transmission : aux quatre roues.
  • Boîte : automatique monorapport.
  • L/l/H (mm) : 4.690/1.860/1.650
  • Poids à vide (kg) : 2.005
  • Volume du coffre (l) : 452
  • Batterie (kWh nets) : 71,4
  • Autonomie (km) : 470
  • 0 à 100 km/h (sec.) : 6,9
  • V-max : 160 km/h
  • Conso. mixte : 15,8 kWh/100km
  • CO2: 0
  • Prix : 59.820 € TVAC

Subaru Solterra : Toyo-baru of Suba-yota ?

Parent extrêmement proche du Toyota bZ4X, le Subaru Solterra est nominé à ses côtés parmi les 7 finalistes de la Voiture de l’Année. Mais soyons clairs : l’un n’est pas une copie conforme de l’autre. Sur le plan des réglages, du moins…

Pour le grand saut dans le monde du 100% élec­trique, Toyota et Subaru ont choisi d’unir leurs forces, dans le cadre plus général d’un parte­nariat qui remonte déjà à quelques années. Partenariat qui a notamment donné les fantas­tiques Toyota GT86 et Subaru BRZ. Et en assistant aux présentations respectives, nous avons notamment appris qu’il n’y avait pas eu de rapport de force. Non, le géant Toyota n’a pas imposé ses vues au petit Subaru… Pour le développement de ce(s) véhicule(s), la démarche a été on ne peut plus pragmatique : chacun s’est occupé d’une partie dans laquelle il excelle. Toyota a donc pris en main toute la partie batteries et transmission électrique, tandis que Subaru s’est consacrée au châssis et au fonctionnement de la transmission intégrale. Des rôles parfaitement répartis !

Très Subaru

Comme expliqué dans les pages qui précèdent, notre essai du Toyota bZ4X a notamment mis en évidence deux quali­tés : un comportement routier d’un dynamisme étonnant, et des capacités tout-chemin d’excellent niveau. Même si Toyota produit d’excellents sportives et des 4x4 indestruc­tibles, avouez que les atouts du bZ4X sonnent plus comme des caractéristiques Subaru. Et on peut même aller plus loin…

Avec leurs plateformes « skateboard » dont toute la partie centrale est occupée par les batteries, les voitures élec­triques ont un centre de gravité extrêmement proche du sol. Petit rappel : c’est pour obtenir un centre de gravité bas que Subaru est fidèle depuis des lustres au moteur Boxer. En cela, le Solterra est donc parfaitement inscrit dans la tradition de la marque. Et c’est aussi le cas par deux derniers aspects. D’abord, son look un peu baroque. Et s’il y a bien une marque dont le langage esthétique n’a pas toujours fait l’unanimité, c’est bien Subaru. Enfin, il y a les choix commer­ciaux. Alors que Toyota proposera le bZ4X en 2 ou 4 roues motrices, Subaru, tradition oblige, ne proposera que la version 4x4 à deux moteurs, forte de 218 chevaux.

Pour le reste, tout ce que vous avez pu lire dans notre essai du Toyota bZ4X vaut évidemment pour le Subaru !

Mots-clés: Essais auto Toyota Subaru
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